(Presse Canadienne) - Kristopher Letang n'attendait que la conclusion de la finale de la Coupe Stanley avant d'acheter une motocyclette, semblable à celle que venait de se procurer son meilleur ami Luc Bourdon. Les deux jeunes avaient planifié de faire des randonnées ensemble dans la région de Montréal, au cours de l'été.
«On va oublier ça. L'achat d'une moto ne fait plus partie de mes plans», a laissé savoir, vendredi, Letang, fort ému.
Vingt-quatre heures après le décès tragique de Bourdon, dans un accident de moto, le jeune défenseur des Penguins de Pittsburgh était dévasté. La finale de la Coupe Stanley était devenue secondaire pour lui.
«Je me suis entraîné avec mes coéquipiers. J'ai essayé, mais je n'avais aucune énergie, a-t-il admis, le teint blafard. Je ne pense qu'à Luc depuis le moment où mon agent m'a appris la nouvelle. J'ai eu de la difficulté à trouver le sommeil jeudi soir. J'essayais de me convaincre que je lui parlerais à mon réveil. Je ne le réalise pas encore.»
Par moments, Letang parlait de son ami acadien au présent, comme s'il était toujours vivant.
«On a pas mal les mêmes goûts, a-t-il dit. On a tôt fait de se lier d'amitié la première fois qu'on s'est rencontrés. C'était avant même que les Foreurs de Val-d'Or nous repêchent tous les deux.»
Letang et Bourdon ont formé un duo du tonnerre pendant deux saisons dans la LHJMQ, en plus de remporter la médaille d'or deux années de suite au championnat du monde junior, au sein de l'équipe canadienne.
«Les deux championnats que nous avons gagnés ensemble représentent les plus beaux souvenirs que je conserverai de Luc. Nous avons tout fait ensemble, nous avons eu de très bons moments. Je lui vouais beaucoup de respect. Il a été une source d'inspiration pour moi. Tout le monde pouvait compter sur Luc, spécialement moi. Il était toujours là.»
Le défenseur âgé de 20 ans a discuté pour la dernière fois avec son ami, quelques jours avant son décès. Bourdon lui avait parlé avec enthousiasme de la moto qu'il venait d'acquérir.
«Il me suivait en séries. Il m'appelait presque à tous les matchs pour me souhaiter bonne chance. Si j'ai la chance de rejouer en finale, je vais jouer pour lui c'est sûr», a dit Letang, qui a été laissé de côté dans le troisième match contre les Red Wings de Detroit.
Il a une pensée particulière pour la mère du jeune disparu, Suzanne, qu'il connaît très bien.
«Sa mère a veillé sur lui, elle lui a tout donné. C'est une mère extraordinaire», a-t-il mentionné.
Le jeune homme de Sainte-Julie, sur la rive-sud de Montréal, veut se rendre à Shippagan, au Nouveau-Brunswick, afin d'assister aux funérailles de Bourdon. En attendant, il peut compter sur le soutien de ses coéquipiers québécois chez les Penguins.
«Ils savent que j'ai beaucoup de peine. Je parlais de Luc à tout le monde. Je disais combien il était bon et qu'il allait connaître une belle carrière dans la Ligue nationale.
«Luc et moi, on s'était même dit qu'on tenterait de faire partie de la même équipe à un moment donné, quand on aurait pu obtenir le statut de joueur autonome», a confié Letang, en terminant.